dimanche 26 octobre 2025

Asunción, Paraguay - le 26 octobre

Après les excès gargantuesques de la veille, on s’était promis une petite journée sans histoire — surtout avec la pluie matinale.

Vers 12h30, on se rend sur le parvis de la cathédrale, mais la messe est terminée et l’entrée déjà fermée.

On longe le río Paraguay en gardant nos distances du bidonville de Chacarita. On passe devant le Palacio de López, modeste résidence d’un ancien président, puis on rejoint la Costanera pour quelques photos. 

Devant les lettres ASUNCIÓN, on rencontre un couple de jeunes Argentins. Elle est artiste et expose ce soir dans le bâtiment du Puerto de Asunción.  

On pensait que le restaurant Bolsi serait presque désert vers 17h, mais non : il est bondé et déborde jusque dans la rue adjacente. On converse avec une jeune architecte qui nous parle, entre autres, des huit familles qui contrôlent le centre-ville du vieux Asunción. 

Le soir, on se rend à l’exposition OXYGENE, où Marianna présente ses acryliques peintes sur du papier oriental.

Mariana Cannizzaro - Buenos Aires

https://www.instagram.com/reel/DQFc0neiePp/








Si vous ne croyez pas à la réincarnation, penchez-vous sur la vie d’Alfredo Stroessner, dictateur ici pendant 35 ans. Il me fait penser à quelqu’un…

''Alfredo Stroessner a instauré un culte de la personnalité dans lequel rues, places, hôpitaux et écoles portent son nom — sans oublier une ville et un aéroport. Il se faisait appeler « l’étoile lumineuse » et « le conducteur génial ». La secte politico-religieuse Pueblo de Dios, schismatique de l’Église catholique, le présentait comme un envoyé de Dieu ; il est soupçonné d’avoir contribué à la mise en place de cette structure.''

Voici ce que ça donne un dictateur:





Partout des édifices vides...
Quatre-vingts pour cent des propriétés du centre-ville appartiennent à huit familles ou à des familles voisines. La plupart ne les louent pas ou les laissent vacantes, ou encore les loyers sont très élevés.
La municipalité prépare un plan de revitalisation qui prévoit des exonérations de taxe foncière pour les propriétaires qui signent une déclaration sur l'honneur s'engageant à réaliser des travaux




Le port de Asuncion

samedi 25 octobre 2025

Asuncion, le 25 octobre

Visite du musée de l’économie, inauguré en 2024.

C’est un peu toute l’histoire du pays : on commence avec les Guaranis, chasseurs-cueilleurs, pratiquement réduits en esclavage par les conquistadors espagnols ; on traverse les prêts américains à la sortie de la guerre de la Triple Alliance, puis l’inflation galopante de la fin du XXe siècle.


La Encomienda - C’était un système de production fondé sur le travail forcé des Guaranis « confiés » à un Espagnol par décision du roi, afin d’obtenir ainsi le tribut que tous devaient verser à la Couronne espagnole.

Les trois piliers de notre économie - Cette caricature de Carlos G. López, publiée dans un journal de Buenos Aires au milieu du XIXe siècle, est très illustrative car elle montre les trois principales ressources économiques de la région : la yerba (herbe maté), le bois et le tabac.

En 1870 après la guerre de la triple alliance, le Paraguay est dévasté kes 3/4 de la population a péri dans le conflit, il ne reste plus beaucoup d'hommes et on tolère la polygamie pour repleupler le pays.

À la sortie, on croise beaucoup de monde en costumes d’époque.

Bien — et trop — mangé ce soir, chez Maria.

Photos et traduction et vidéo

vendredi 24 octobre 2025

Asuncion, Paraguay le 24 octobre

On reproche souvent à Jacques Cartier d’avoir fait une grosse erreur en remontant le fleuve Saint-Laurent : ce pays, ce n’est pas un pays, c’est l’hiver.

On pourrait tout aussi bien reprocher à Don Juan de Salazar y Espinosa de s’être établi au bord du rio Paraguay : ce pays, ce n’est pas un pays, c’est une fournaise.

Hivers rigoureux (autrefois) ou climat subtropical ?
Après un bon petit déjeuner, on sort de l’hôtel et on est frappé par un vent violent, chaud mais sec.

Ici, pour faire des transactions financières importantes, il faut presque passer devant notaire ou juge de paix. Impossible de changer les billets verts de l’oncle Donald en guaranis ou d’obtenir une carte de téléphone locale sans montrer son passeport — et presque se faire demander la couleur de ses bobettes. Mais enfin, c’est OK.

Vivre ici, c’est s’arrêter entre midi et 16 heures.
Une piscine, un peu de gym, une sieste. La vie est dure.



Le coût de la vie atteint des chiffres astronomiques : 100 000 pour une coupe de cheveux, et le reste est à l’avenant.

Il faut s’habituer à ces gros chiffres : on obtient plus de 700 000 guaranis pour 100 USD.
Un farouche nationaliste canadien obtiendrait environ 350 000 pour son petit minable 100 dollars canadiens.



Toujours des immeubles non finis et l'électricité...


La ligne à ne pas franchir bidonville de + de 20000 personnes.





José Asunción Flores (1904–1972) compositeur paraguayen emblématique, reconnu comme le créateur de la guarania, un genre musical profondément enraciné dans l'identité culturelle du Paraguay.

La guarania : Inventée en 1925, cette musique lente et mélancolique exprime les émotions et la sensibilité du peuple paraguayen.
https://www.google.com/search?q=Guarania&rlz=1C1VDKB_frCA1090CA1090&sourceid=chrome&ie=UTF-8

jeudi 23 octobre 2025

Asuncion, Paraguay, le 23 octobre

C’est au terminal, sur la calle Islas Malvinas Argentinas, que nous attendons notre autobus pour le Paraguay.

          En Argentine, la ligne 145 a permis de sauver des centaines de personnes victimes de traite grâce à des signalements anonymes. Elle est un outil clé dans la lutte contre l’exploitation humaine.

Un couple de retraités argentins se rend aussi au Paraguay, renonçant à leurs droits de vote pour l’élection législative. Ils sont déçus par Milei et ne veulent pas retourner au péronisme.

Nous partons à 10 heures, bref arrêt à Formosa, et en route, nous contemplons les troupeaux. Nous sommes tout près des bœufs qui nourriront les Américains avec l’argent prêté par Donald à son ami Javier.

    On passe devant le monument à Chacho en hommage aux victimes du massacre de Margarita Belén, réalisé par le sculpteur Luis Díaz Córdoba en 1997


En Argentine, de nombreux immeubles restent inachevés à cause de la crise économique, du retrait des financements publics, et de l’instabilité du marché immobilier.

Beaucoup d’immeubles sont lancés par des promoteurs privés qui vendent sur plan. Si les acheteurs se retirent ou si les fonds manquent, le chantier s’arrête.

Certains projets sont gelés en attente de meilleures conditions économiques, ou d’un repreneur capable de les terminer.

Dans cet immeuble, on pouvait voir quelques logements habités avec des fenêtres ; le reste était à l’abandon.




Vers 15 heures, nous sommes à moins d’un mètre du Paraguay. Nous y serons, les derniers du bus, dans une trentaine de minutes.

Je ne pensais pas pouvoir sortir de l’Argentine : à la douane argentine, ils ne pouvaient pas lire mon passeport. Puis tout s’est arrangé. On entre au Paraguay et on file vers le trafic d’Asuncion.

Enfin, avant 18 h, nous entrons dans notre hôtel. 

Bon repas dans notre restaurant fétiche ici : Le BOLSI.