vendredi 6 mars 2015

Autour de San Salvador, le 6 mars

En aout 590, un petit village maya prospérait à environ 36 km de l’actuel San Salvador. Mais un volcan cracha des cendres qui recouvrirent le village d'une vingtaine de centimètres de cendre, on pense que les habitants eurent le temps d’évacuer car aucun reste humain n’y fut découvert. Des bombes volcaniques de 500-600C détruisirent toute matière organique sauf le contenant de certains vases, on a retrouvé du cacao en bon état. Avec le temps et les éruptions, le niveau du sol est monté de 4 à 6 mètres. Petit Pompéi local, le site est très agréable, arbres, fleurs etc.



Arbre de cacao
San Andres était un site important du monde mésoaméricain. Contrairement à Tikal, il fut construit principalement en briques. Après avoir été un site du pouvoir religieux et de la noblesse Maya, il fut abandonné vers 900.

Quand les Espagnols  arrivèrent, ils eurent la grandeur d’âme d’échanger les bienfaits de la civilisation chrétienne contre l’indigo et le chocolat qui faisait la richesse de la région. Les vestiges de la fabrique d’indigo furent enterrés par une éruption volcanique en 1658 et les crues du rio Sucio.


On dine avec une belle vue sur le lago de Coatepeque qui est d’origine volcanique, et on termine notre tour archéologique à Tazumal qui est la plus haute pyramide du El Salvador.

Notre chauffeur guide a connu l’époque de la guerre civile qu’il décrit comme une période laide. En revenant on longe des manufactures de vêtements qui permettent aux grandes chaines de chez nous de nous les vendre pour une chanson. Mais pour la population d’ici travailler 50 heures par semaine, à plus de trois heures de route en autobus pour un salaire d’environ $ 2,00- heure est un progrès sur les conditions de vie pendant la guerre.


La fleur du Salvador, on peut la manger
Le jour de la paye pour les employés des usines des milliers de personnes font les "magasins"

jeudi 5 mars 2015

San Salvador, le 5 mars

La société du Salvador est scindée en quatre, les très riches, ceux que l’on nomme: les quatorze familles, une classe moyenne qui essaie de survivre en partie à partir du développement touristique, les gangs criminels qui ne s’intéressent pas à nous, on fera de même, et la majorité très pauvre.

La capitale d’environ 300 000 en est un exemple. Le centre-ville est un fouillis de petits étals envahissants les trottoirs, les parcs sont occupés, probablement par des sans-emplois tuant le temps. On y visite tout de même le Palacio National, qui est en restauration et n’abrite plus que les archives nationales, un coup d’œil à la cathédrale et à l’église El Rosario.

Le centre est sale, pauvre et vraiment pas attirant. Le quartier Colonia Escalon où nous logeons est beaucoup plus moderne et agréable, l’architecture salvadorienne est beaucoup plus ouverte sur la rue que la guatémaltèque qui se cache derrière des murs de ciments. En début de soirée on visite un centre commercial moderne qui est un contraste frappant de l’horreur du centre ville. Aucun édifice colonial ici, le tremblement de terre de 1873 a tout détruit.

Difficile de prendre des photos - c'est pas conseillé!
Palais nationnal

Église El Rosario - la permission du pape fut nécessaire pour construire

mercredi 4 mars 2015

San Salvador, El Salvador, le 4 mars

Ce n’était pas dans nos plans de venir directement dans la capitale du El Salvador mais aucun bus ne pouvait nous amener ailleurs. On part de Guat à 9h50, et on atteint la frontière vers 13h30, heureusement qu’on n’est pas en camion, des files interminables attendent pour passer la frontière.

On sort du Guatemala sans taxe de bonjour, on cambio nos quetzales restants pour des dollars de l’oncle Sam, la monnaie locale et on entre officiellement au El Salvador à 1h45. Des chiens fouillent la soute à bagages, passent dans l’autobus et reniflent chaque banc, ensuite un autre douanier fouille nos bagages à main, ce n’est pas la place pour passer avec des feuilles de coca.


Enfin on arrive au terminus et on entre à l’hôtel. Premières impressions du pays, pas riche mais plus propre et moderne qu’au Guatemala, on mange une parilla dans un bon restaurant argentin au son de la musique de tango


mardi 3 mars 2015

Ciudad de Guatemala, le 3 mars

Joe Biden étant parti, c’est à notre tour de visiter le palais que se fit construire le dictateur Jorge Ubico entre 1939 et 1943. À cette époque le Quetzales était au pair avec le dollar américain et il couta 2 800 000 en plus de la vie de nombreux prisonniers affectés à sa construction.

Rien de trop beau pour la classe ouvrière, le palais compte 1160 luminaires certains venant de Tchécoslovaquie et celui de la salle de réception pèse deux tonnes, d’or, de bronze et de cristal de bohème. Les planchers en bois précieux, les garnitures en or et des vitraux ajoutent à la sobriété de l’endroit. Un peu mégalomane, Ubico aimait le chiffre 5 qui se retrouve dans toute l’architecture et chacune des portes est marquée de son empreinte digitale. Difficile de comprendre pourquoi une glorieuse révolution arriva le 20 octobre 1944.

Dans le grand hall, un monument formé de deux mains tenant une rose symbolise la paix de 1996 et la fin de la guerre civile; tous les jours à 11h00 elle est changée.

On visite ensuite la casa MIMA qui est une résidence bourgeoise datant de 1870 avec ses meubles d’époques et sa collection hétéroclite d’objets de toute sorte. D’où vient cette richesse, ce sont les années ou des gouvernements libéraux transformèrent les terres indigènes en plantation de café, les mayas s’appauvrirent et quelques criollos s’enrichirent.

Le musée ferrocarril est dans L’ancienne gare construite entre 1884 et 1908, les vielles locomotives, les wagons de passagers sont les témoins nostalgiques d’une époque passée. On poursuit notre visite dans la partie moderne de la zone 1, palais de justice, banque du Guatemala, centre civique et hôtel de ville. Un drapeau cubain flotte à côté de celui du pays. No se porque.

Une caractéristique de Guat, comme à Londres, ce sont ces autobus rouges qui circulent. De vieux autobus scolaires Blue Bird qui dégagent souvent un nuage de boucane malodorante. 

Pour Xavier
Il ne faut pas prendre ces bus rouges
son bureau sur le trottoir en face de palais de justice
Je ne sais pas si la CSST est au courant

lundi 2 mars 2015

Ciudad de Guatemala, le 2 mars

Autant les modalités d’embarquement vers Flores sont réduites au minimum, autant celles pour en revenir sont de type américain. Fouille sommaire des bagages à l’entrée de l’aéroport, fouille personnelle poussée et même une taxe de sortie du pays pour un vol intérieur! Peut-être pour payer l’essence des yachts présidentiels sur le rio Dulce.

Guat est divisé en 25 zones, les touristes fréquentent surtout la zone coloniale, no 1 et la zone 10. On se dirige vers la no 1 en passant sus la tour Eiffel locale, puis après un quartier assez moderne c’est plutôt moche, pour ne pas dire laid. Mais la casa de Don Pedro où nous logeons est correcte.

J’aurais aimé visiter la maison de la culture qui est l’ancien palais du dictateur Jorge Ubico (1936-1943) mais Joe La Gaffe est en ville et l’accès est impossible aujourd’hui. Des centaines de policiers et de soldats gardent les alentours. Après un coup d’œil à la cathédrale et à la longue liste des victimes de l’oppression politique on prend une marche sur la VI avenue qui est la Sainte-Catherine locale. Çà prend un front américain pour venir aider (???)  l’Amérique centrale après avoir supporté tous les régimes dictatoriaux et leurs massacres de populations pendant si longtemps.

Sur la VI, de jeunes étudiants costumés et masqués manifestent contre tout, contre tout ce qu’ils peuvent dénoncer. Mais ils le font dans une atmosphère bon enfant, c’est plus drôle et sympathique que dangereux. Pour eux cependant, le risque de rejoindre la liste des desaparecidos est toujours réel. Comme je suis contre par principe, je suis contre ceux qui sont contre tout ce qui peut justifier d’être contre.

En rejoignant en taxi la zone 10, c’est une autre ville, les ministères de la défense et des affaires étrangères, l’ambassade des USA, les gros hôtels et les bons restaurants. On mange au Hard Rock Café et on revient se réfugier dans notre hôtel avant 6h00 PM. Guat n’est pas une belle ville et est réputé dangereuse le soir.

On verra demain si Ti-Joe est parti et si on peut visiter la petite cabane sur le parc.

Palais de la corruption (je raconterai l'histoire des yachts du président lorsque je serai au Salvador) - impossible de le visiter Jo Biden est attendu..

dimanche 1 mars 2015

Lago de Peten Itza, le 1 mars

TRAGÉDIES AU LAGO DE PETEN ITZA

Au XV un peuple chassé de Chichén Itza au Yucatan se réfugia sur une petite île dans une baie du lago de Petén. Quand le conquistador Herman Cortez passa par ici en 1525, il y laissa son cheval boiteux qui fut soigné par les habitants de l’île; à sa mort on érigea une statue à son honneur et il fut honoré comme une incarnation de Chac, le dieu de la pluie. En 1697 les Espagnols prirent le contrôle de la dernière capitale maya et détruisirent les idoles, Chac se réfugia alors dans les profondeurs du lac.

Il y a deux ans il se réveilla et la pluie fit augmenter de trois mètres le niveau du lac qui ne possède aucune décharge naturelle. La grande avenue bordée de luminaires à l’est de l’île est aujourd’hui une pataugeuse pour les chicos et chicas. Le musée maya sur la petite île en face de nous est à fleur d’eau.

Il y a 2 ans c'était la rue du bord de l'eau avec promenade!

Le 1 mars 2015, après que nous ayons parcouru une partie du lac en bateau, le cheval de Cortez donna une ruade à un homme en kayac et avec l’assistance d’un restaurateur anglais nous avons dépêché une équipe d’urgence pour éviter le pire.

L'équipe de sauvetage lui porte secours
Iguane

Du haut du Terrazo, j’ai cru apercevoir le monstre du lac, probablement le cheval boiteux de Cortez qui menace d’augmenter le niveau du lac d’un autre mètre si les offrandes à Chac ne reprennent pas. Nous pensons avoir le temps d’évacuer l’île de Flores avant que la jetée la reliant à la côte ne soit impraticable ou que les sacrifices pour calmer Chac ne reprennent.
Ainsi naissent les légendes……

 Photos