vendredi 18 août 2017

Riga, le 18 août

En plus d’être très à la mode en Turquie et en Russie, fumer la chicha serait excellent  pour la bronchite. C’est donc ainsi que je commence et termine ma journée.


Après les premiers puffs on visite la cathédrale inaugurée le 25 juillet 1211 par l’évêque Albert von Buxhoevenden venant de Brème en Allemagne. C’est sur ordre du papa Innocent III qu’il vint christianiser de force les tribus païennes de Lettonie. Il fonde Riga en 1201. On voit encore ces dieux de la nature dans les parcs et les musées. C’est de cette époque qu’origine le drapeau national rouge-blanc-rouge.


Au départ bâtie de style romanesque en forme de croix, elle fut souvent agrandie et rénovée. Un feu en 1547 et la Réforme l’ont transformé en cathédrale luthérienne plus sobre. Le cloitre est spectaculaire et est un musée où on trouve autant des canons du XV, qu’une mine sous-marine de la première guerre.

Lors de la destruction des rempart de Rigas en 1857, les canons furent dispersés à Moscou, Saint-Pétersbourg. Kiev et autres. Certains y furent ramenés.

On y trouve aussi une statue de Pierre le Grand qui avant 1918 se trouvait au sommet de la tour de la Liberté. Les Soviétiques auraient voulu la détruire mais les pressions des artistes russes l’ont épargnée. Aujourd’hui elle se refait une beauté pour les fêtes du centenaire de la Lettonie à l’ombre du grand M-jaune.



La Maison des Chats et celle des Trois Frères sont d’autres attractions touristiques de la ville ancienne.


En après-midi, une marche guidée nous informe davantage sur l’histoire du pays et la situation actuelle.

Fondée par les Allemands au bord de la Daugaba, conquis par les suédois, l’empire russe, les nazis et les soviets, Riga fut longtemps un port et un centre important du commerce de la Baltique.

On sort de la vieille ville pour se promener dans le petit Moscou. C’est un quartier plus pauvre qui représente plus la vraie vie Lettone. Il se développa sous l’empire russe en 1710 quand les marchands allemands contrôlaient le commerce du centre-ville.

En 1812 par crainte d’une invasion des troupes de Napoléon , le maire de Riga fit incendié une partie de la ville. Créant un piège mortel pour les Français, ceux-ci ne vinrent jamais et les vents rependirent le feu dans toute la ville. Seulement 700 morts.


Le grand marché visité hier et encore aujourd’hui est le deuxième plus grand d’Europe après Istanbul. Oui il est dans une ancienne usine de zeppelins, mais les bâtiments furent déménagés en 1930 pour y installer un marché.


La période 39-45 fut une des plus sombres du pays, si le pays ne souffrit pas de dommages importants du point de vue architectural, sa démographie fut bouleversée. Avant la guerre Juifs et Allemands étaient deux importantes minorités. Des 25 000 juifs et 8 synagogues il ne reste qu’une synagogue et les quelques juifs encore présents ne descendent pas d’eux mais  viennent d’autres pays.

Alors en 2017 nous avons 1,9 millions de Lettons dont le tiers vit à Riga. Environ la moitié est d’ascendance russe. La grande majorité de ceux -ci n’est cependant pas citoyen. Une connaissance acceptable de la langue lettone, la seule officielle, étant requise pour avoir droit de vote et obtenir un poste au gouvernement. Le maire russe de Riga, fut mis à l’amande après avoir écrit en russe sur la page Facebook officielle de la ville. J’en connais au Québec qui auraient des leçons à prendre des Lettons. Au jour le jour, les relations entre les deux communautés sont correctes même si au niveau politique les tensions sont fortes.

Au niveau économie ou en sont-ils? Avec un salaire moyen de 750 Euro par mois après taxes, ce n’est pas le Pérou. Le niveau de vie Letton est à mi-chemin entre celui de l’Allemagne et celui de la Russie, après seulement 25 ans hors du régime soviétique c’est pas pire. L’éducation est gratuite pour la moitié des élèves, ceux qui ont de bonnes notes, les cancres et paresseux et les autres doivent payer.  Qu'en pense G.N.D. Le gros point faible est la pension des retraités ayant fait carrière sous le régime soviétique, ils sont dans la misère s’ils n’ont pas de soutien de leurs jeunes. Niveau corruption, après une période noire à la chute du bloc soviétique, c’est maintenant un style très union européenne, le parlement étant au centre de la corruption, la petite corruption policière n’existe plus.

L’identité Lettone est fondée sur la langue et des traditions folkloriques communes. Principalement le chant choral, le poisson salé ou fumé et la bonne bière.


Pendant que Richard va se reposer je visite le musée d'histoire de Riga et Navigation

jeudi 17 août 2017

Riga, le 17 août

Petite marche le long de la Daugava pour rejoindre le marché central situé dans une ancienne usine de zeppelins. Depuis 1930 mille marchands vendent de tout dans 5 halles de 35 mètres de long. De tout et pas cher.


Pas loin un centre d’achat moderne avec du stock et des prix très européen. C’est Staline et Lénine qui doivent se retourner dans leurs tombes devant l’égalité de tous leurs anciens camarades.


On ne pouvait venir dans l’ex-URSS sans vérifier le système de santé soviétique. Heureusement qu’il y a eu l’indépendance en 1991. Attente interminable de près de 30 minutes. Apparemment je vais survivre (bronchite).

Petite marche dans le quartier de Vecrîga décoré de belles églises gothiques en briques rouges et un des meilleurs endroits pour apprécier les richesses naturelles des pays nordiques.


Sur une des places on tombe sur le site du premier arbre de Noel, en tout cas selon la version Lettone des choses.


On se rend jusqu’au Monument à la Liberté, mais depuis l’ère Trump ce genre de monument se cache sous une bâche, ils ont tellement souffert avant d’avoir leur liberté, ils veulent la garder. Un beau parc agrémenté de petits ponts décoratifs et du canal Pilsatas sert de frontière ente la vieille ville et la ville moderne

mercredi 16 août 2017

Riga Lettonie, le 16 août

Environ 4 heures et demie distancent la capitale de l’Estonie et celle de la Lettonie  nous arrivons.

Il fait un voyage gratuit sur la fenêtre du bus!

En entrant dans la ville on se croirait revenu à Moscou. Pas surprenant la population de Riga est majoritairement russophile même si on ne voit aucun affichage bilingue. Quad un peuple se tient debout!

On s’installe dans une maison de 300 ans fréquenté jadis par Pierre le Grand. La Lettonie à toujours été sous contrôle étranger des croisades du XII au 21 août 1991.


On jettera un coup d’œil sur la Maison des Têtes Noires, reconstruite, le musée de l’occupation, la cathédrale et son haut clocher datant de 1221. On mange, très bien, sur la place de l’hôtel de ville dans une vielle taverne du moyen-âge.



Demain on commence l’exploration de cette ville sur les bords de la Daugava.

mardi 15 août 2017

Tallinn, le 15 août


Vers la fin des années soixante la brillante administration soviétique décida de commencer à profiter à son tour de la manne du tourisme international. Tallinn aux portes du monde dépravé et riche était un bon endroit pour bâtir un hôtel afin de récolter la manne capitaliste. Même si les meilleurs architectes et ingénieurs étaient dans le bloc soviétique, on confia aux Finlandais la tâche de bâtir l’hôtel Viru.

En trois ans sans aucun accident, ne croyez rien du feu qui arriva au début de la construction en 69, tout était parfait et les accidents n’arrivaient jamais. La construction était 50% en béton et 50% en micro (selon les mauvaises langues contre révolutionnaire). Le 23e étage n’existait pas et encore moins le contenu d’une chambre où était inscrit sur la porte: siin el ole midagi.


Cet hôtel était un état dans l’état, tous les services requis étaient fournis. Cordonnier, dentiste et même le meilleur chef du bloc soviétique y travaillaient. Les gâteaux produits étaient si bons qu’ils servaient même de monnaie locale.

Travailler dans cet établissement était un privilège. Seul les plus compétents n’ayant aucune parenté hors du pays et ne parlant aucune langue étrangère pouvaient y travailler. Après cette série de test, l’approbation du KGB était requise. Ils étaient plus de 1 000 employés pour moins de 900 clients. Pas de chômage dans le paradis soviétique et le salaire minimum était respecté. La valeur d’un demi œuf par journée de travail.

Avec une telle sélection l’honnêteté des femmes de chambres était proverbiale. Dans les chambres trainaient parfois de petites sacoches, les ouvrir activait une explosion insuffisante pour tuer mais qui alertait ceux qui n’étaient pas dans la chambre vide du 23e.

Boire un café était un privilège accordé par son supérieur aux meilleurs camarades, avec permission on montait au 22e où se trouvait la seule machine. Tout était comptabilisé et faisait partie des statistiques requises en haut lieu.

Une soixantaine de femmes travaillaient fort à enregistrer le moindre déplacement de chacun. Le gérant était super occupé. Il devait autoriser personnellement chaque photocopie demandée avant de consulter le bureau vide du 23e pour approbation. En tout temps il était en communication directe avec le chef du parti local via un téléphone rouge. Son autre téléphone pesait une brique, l’intérieur en plomb ne permetait pas la pose de micro.

C’est encore une propagande antirévolutionnaire qui mentionne que les 400 chambres étaient sous écoute. Il n’y en avait que 60, réservées aux VIP tels les expatriés, les journalistes, les occidentaux et les politiciens. Dans ces chambres le service était cinq étoiles, si quelqu’un se plaignait de l’absence de papier sanitaire, dans la minute on cognait à la porte avec ce qu’Il manquait. (Sans aucun appel à la réception). Si un touriste avait déchiffré le journal annonçant la mort de Brejnev en 1982, il n’aurait pas eu de mal à lire le journal de 1984 annonçant la mort de son successeur. Seul la photo différait, obtenir les autorisations requises pour un nouveau texte étaient trop lourdes.
 
Si un touriste avait le plaisir de partager les charmes d’une belle estonienne, il était filmé et avait ensuite le privilège de collaborer avec les autorités.

Dans le restaurant une table VIP avait une belle assiette de pain avec micro intégré, les pôles de rideaux transmettaient le contenu des conversations dans la pièce vide du 23e. Au bar ce sont les cendriers qui faisaient office d’émetteurs.

Mais venons-en à cette chambre vide du 23e. Une dizaine d’agents du KGB y travaillaient à suivre non seulement tout ce qui se passait dans l’hôtel mais aussi tout ce qui se passait en Estonie. C’était également un centre de contre-espionnage international. Les appareils de communications de l’époque sont encore en place, tel que laissé en 1991. N’en croyez rien elle était VIDE. Payer 12 Euros pour ne rien visiter, c’est ça le capitalisme.

 

En après-midi on visite le musée de l’occupation qui retrace les grandes lignes de l’Estonie de 1939 à 1991. C’est d’abord la première occupation soviétique qui commence en août 41. Les Allemands les chassent en 43, si vous n’étiez pas roms, juifs ou communistes, la période allemande n’était pas si tant pire.


L’armée rouge revint et c’est la terreur stalinienne. Sous Khrouchtchev les choses ‘améliorent un peu, l’hyper centralisation de l’économie étant diminuée. Mais l’insurrection de Budapest en 1956 mets fin aux espoirs des Estoniens. De 68 à 87 ce fut la stagnation complète, plus nécessaire d’aller en Sibérie pour crever de faim.

Puis tranquillement les choses changèrent, le mur tomba et c’est en chantant et en faisant une chaine humaine Tallin à Villemus que les états Baltes retrouvèrent leur indépendance en 1991.


lundi 14 août 2017

Tallinn, le 14 août


On continu notre visite de Tallinn mais cette fois à l’extérieur de la cité médiévale. On retrouva des traces des Vikings et des pièces de monnaie musulmane sur les rives de la rivière Pirita.

Dès 1279 il y avait un moulin. De 1560 à 1658 la région était sous domination suédoise et Tallin était la troisième plus grande ville après Stockholm et Riga. Ce sont eux qui établirent la première université en 1633.

De 1708 à1710 l’armée de Pierre Le Grand attaque la ville. La famine et la peste viennent à bout des estoniens. Quand il y vint, il regretta de ne pas y avoir établi sa capitale. Il y construit un palais d’été et tout autour un beau parc et un quartier de serviteurs s’y installa.


Le premier train, vers Moscou et Saint-Pétersbourg fut mis en service en 1870.Encore aujourd’hui le train est peu développé.

Avant l’indépendance les principales industries étaient le cuir, le papier et le tabac. Il y a 150 ans on construisit pour les ouvriers des maisons de bois sans aucun service sanitaire, les ramoneurs passaient deux fois l’an.

Après la guerre, les russes commencèrent un pont en béton pour rejoindre la Finlande, n’en croyez rien, c’est un monument aux soldats soviétiques décédés.

C’est ici que furent tenu les régates des jeux olympiques de 1980, cette activité marqua l’arrivée de Pepsi-Cola sur le territoire. Les soviétiques mirent en place une piste de course sur route, la voiture Estonie, une monoplace fut vendue à plus de 1000 exemplaires.

Si le port de Tallin est maintenant fréquenté par les croisiéristes, il est actif depuis longtemps. Le clocher de l’église St-Olav servait de phare au moyen-âge. Au XIV c’était un important port de commerce.

Les soviétiques y établirent une usine d’hydravions et une base navale, le sous-marin nucléaire était un secret bien gardé.

 

Depuis le début du siècle, les hautes tours et les centre d’achats luxueux poussent sans arrêt.

Dans la vielle ville on visite la première pharmacie qui était active en 1422. En 1580 un hongrois en devint propriétaire, les Johann Burchart y furent apothicaire pendant dix générations.


Le cloitre du monastère des frères dominicains date du XII, il fut fermé pendant la Réforme.