samedi 8 novembre 2025

Posadas, Argentine, le 8 novembre

Aujourd’hui, on prend un train pas comme les autres.

Un train qui va au moins vingt fois plus vite que les autos et les autobus.

S’il existe des trains lents, comme ceux de Via Rail, il y en a aussi qui surpassent les plus audacieux projets de TGV.

Imaginez faire le trajet entre Montréal et Toronto en 16 minutes — un trajet qui prend environ 6 heures en auto.

Alors qu’ici, le trajet en voiture entre Encarnación et Posadas peut facilement prendre 3 heures à cause des bouchons dus au contrôle douanier.

Alors que le train ne prend que 8 minutes, et le contrôle de la douane argentine à la sortie du train est expéditif.

Ce train est un peu comme les avions du Myanmar: pas de places assignées, on y entre et on en sort rapidement. Il fait l’aller-retour toutes les 30 minutes. Il est bondé de voyageurs d’un jour, venus profiter des aubaines du Paraguay.

Le Puente Internacional San Roque González de Santa Cruz a été inauguré le 2 avril 1990 avec un budget de 85 000 000 USD. Chez nous, le pont de l’Île d’Orléans coûtera, au bas mot, 3 milliards. Et on ne parle même pas du troisième lien !

Cherchez l’erreur. On dit qu’il y a de la corruption en Amérique du Sud. Au Nord ???

Ce n’est pas parce que le río Paraná est un petit ruisseau — ici, il est environ une fois et demie plus large que le Saint-Laurent entre Montréal et Longueuil.

J’avais demandé à Françoise d’être près du río, et non au centre-ville. Pas les pieds dans l’eau.

De notre appartement - Le Paraguay en face de nous

Centre médical pour enfants

vendredi 7 novembre 2025

Encarnación, les 5, 6 et 7 novembre

Un peu de physique quantique aujourd’hui.

Essayons donc de comprendre comment bougent les idées des peuples : on verra que, sans la théorie de la relativité, tout serait chaos.

Prenons, puisque nous sommes au Paraguay, le cas de Francisco Solano López. Ce serait un héros national, à en croire tous les bustes de lui que l’on croise.

Et pourtant ! Il a mené son pays dans une guerre qui a anéanti 80 % de la population masculine. Dans sa vie personnelle, il multiplia les conquêtes, mais comme ses succès militaires, elles furent éphémères — sauf son Irlandaise, qu’il n’épousa jamais non plus.

Quand l’homme veut croire, rien ne l’arrête. Le pape est venu dans la cathédrale d’Encarnación, et la chaise où il s’est assis se retrouve dans une reducción de Humaitá. Deviendra-t-elle une sainte relique ?

La devise de ma mère

Quand l’informatique m’exaspère, pourrais-je prier : Sainte Chaise, aidez-moi !

L’information ici est une donnée rare, et aussi fiable que l’Agence du revenu du Canada. Au centre d’information, on nous invite à visiter une casa della cultura qui n’existe plus. Là, on nous envoie dos cuadras plus loin, où il n’y en a pas non plus. Mais un petit parc avec un buste de… devinez qui !

On nous parle de l’escalinata de San Pedro, de l’autre côté d’un affluent du río Paraná. Impossible de franchir le pont Juan L. Mallorquín à pied, dit-on.

Et pourtant ! Un beau trottoir (selon les standards paraguayens), 800 petits pas, et nous y sommes. Il fut construit en 2015 pour marquer le quatre-centième anniversaire de la fondation de la ville.



Photos San Pedro      Photos

La gentillesse de la population est sans limite. Pour une urgence no. 2, j’entre dans une petite farmacia, et le mot urgencia ouvre les portes de sa casa de baño. Non, ce n’était pas un Jean Coutu, et si on n’y trouve pas de tout, on y trouve une personne très serviable.

Samedi, nous devons prendre un train pour franchir le Paraná et entrer en Argentine. Fonctionne-t-il ou non le week-end ? Vamos a ver.

Où peut-on manger un steak tomahawk et un gros saumon, accompagné d’une bouteille de vin pour moins de 100 $ dans un bon restaurant, sinon au Paraguay ? Certainement pas à Dubaï !

Dernière journée, qui commence par une averse tropicale. Demain, nous traversons le Paraná pour rejoindre la ville de Posadas, en Argentine.

mardi 4 novembre 2025

Encarnación, les 3 et 4 novembre

De grosses journées à ne rien faire. Parlons bouffe !

Si vous aimez les gâteaux, vous aimeriez les petits-déjeuners paraguayens. Si vous aimez la crème glacée, vous apprécieriez vous sustenter au milieu de l’après-midi — car il n’y a que ça.

Si vous voulez vous lancer en affaires au Paraguay, un snack de poutines ouvert toute la journée pourrait vite vous permettre de devenir milliardaire (en guaranis).

Vous aimez la bonne bouffe le soir, dans un bon restaurant avec une bouteille de vin et un dessert ? Comptez environ 100 $ CAD (para dos).

Vous aimez la pizza ? Il y en a partout.

Un endroit correct le midi : 30 $. Et on peut s’en tirer pour 10 $ dans certains lieux.

C’est passablement moins cher qu’en Argentine, sauf pour le vin.

Au dépanneur : une bouteille d’eau de 2 L et deux bananes = 5000 G ou 1 $ CAD.

Hier, on pensait retrouver nos amis russes qui tenaient un resto près de notre hôtel il y a trois ans, mais ils ne sont plus là. Espérons pour eux que les deux jeunes ne sont pas sur le front ukrainien.



À la place, on pense avoir trouvé un petit comptoir-buffet : La GUARANIA. Vouloir manger en milieu d’après-midi, il ne faut pas être difficile… mais c’était OK.

Une heure de marche en avant-midi, en se tenant à l’ombre autant que possible, et la piscine devient requise. Ici, il faut multiplier la distance par le niveau de calor.






dimanche 2 novembre 2025

Encarnación, le 2 novembre

Comme c’est jour d’élections municipales au Québec, profitons-en pour parler de politique paraguayenne.

Il y a deux grands partis : le Parti Colorado (ANR), qui règne de façon presque ininterrompue depuis le milieu du XXe siècle, et le Parti libéral (PLRA), qui sert d’opposition officielle pour maintenir l’apparence de démocratie. S’ajoute une multitude de petits partis sans réelle importance.

Une seule interruption au règne colorado : en 2008, un évêque est élu avec un parti de la gauche radicale. Il sera renversé violemment, sans défense, et destitué en 2012.

Le président est élu pour un mandat de cinq ans, non renouvelable. Ce sont des militants de longue date du Parti Colorado qui se succèdent, mais actuellement, ce serait une marionnette apolitique qui serait au pouvoir.

Dans chaque ville, on retrouve un bureau du Parti Colorado, qui mène une politique de droite, parfois avec une main de fer, comme lors de la dictature de Stroessner (1954–1989).

Enfin, le soleil est de retour : il a fait 30 °C aujourd’hui. Comme c’est dimanche, la ville est presque fermée.

On termine la journée avec un autre excès gastronomique chez Milord.

Il y a 6000 ans, Dieu créa la Terre et l’homme. Treize siècles avant J.-C., Moïse interdit le blasphème.

Au Québec, pendant longtemps, la religion et les mots d’église furent très populaires. Puis, avec la Révolution tranquille, la religion prit le bord.

Avec les générations qui ne connaissent plus le sens des mots saints, le sacre patrimonial risquait de disparaître. Il fallait une solution — sinon, une partie du patrimoine immatériel de l’humanité s’effacerait à jamais.

Ils ont inventé l’informatique!!!

samedi 1 novembre 2025

San Cosme Y Damien, le 1er novembre


La pluie ne fait que commencer quand on quitte Humaitá — une chance, car avec les chemins de terre boueux, on y serait encore, ou pire, on s’enfoncerait dans la vase comme des mercenaires brésiliens devant les troupes du maréchal López.


Une grosse heure sur cette route et l’on rejoint Pilar. Ensuite, c’est encore près de quatre heures de routes correctes pour atteindre le village de Saint Cosme et Damien.


Les gars arrêtent pour se faire du Tereré, la boisson nationale, infusion froide de yerba maté, préparée avec de l’eau glacée, c’est un rituel social : on le partage entre amis ou en famille.

Le village, qui compte 10 000 habitants, se trouve au nord du río Paraná, en face de l’Argentine, à environ 80 km de la ville d’Encarnación, où nous terminerons notre journée.

La mission ''reducciones'' fut fondée par les Jésuites en 1632 et s’établit définitivement sur le site actuel en 1718. C’est la plus récente des sept établissements que l’on retrouve au Paraguay.

C’est la seule à avoir conservé une église encore fonctionnelle, même si le feu en a ravagé une partie.



On visite aussi l’école où l’on enseignait la religion et d’autres choses utiles aux petits garçons guaranis — en guarani, en espagnol et en latin.


Beaucoup de sculptures de saints dans l’église : ceux portant la barbe sont européens, ceux sans barbe sont guaranis.

Le guide local, un petit Guarani — comme son nom — est passionné par l’histoire de ses ancêtres.

Son nom en guarani signifie Petit et intelligent et c'est vraie

Mais avant la visite des ruines, on suit un cours d’astronomie guarani, puis un autre d’astronomie moderne dans un petit planétarium où l’on nous explique la carte du ciel austral. Le père Suárez fut un grand astronome et fabriqua, avec les moyens du bord, des instruments de bonne qualité capables de prévoir les éclipses sur cent ans. Il ne reste que le cadran.



Mais ni les Guaranis ni le père Suárez ne purent prédire que, trois siècles plus tard, l’univers tournerait autour d’un terrain de golf en Floride : Mar-a-Lago.

Vers quatre heures, on entre à l’hôtel et l’on quitte nos sympathiques guide et chauffeur après deux jours bien remplis.


Un bon souper pour finir la journée