Ce matin nous prenons une marche d’exercices sur le beau trottoir décrit hier. Même Monsieur Trottoir aurait été fier de sa construction, Il y a bien quelques arbres au milieu du chemin, les déplacer aurait bien justifié quelques vrais extras, mais comme il n’y a pas de corruption ici (?!!??&&&&), on doit les contourner.
Nous sommes en plein territoire Shuar, les célèbres coupeurs et réducteurs de tête et en territoire Waroni, ces intrépides guerriers non conquis par les Incas et les Espagnols qui il y à peine deux semaines transperçaient de lances deux de leurs compatriotes qui avaient rejoint la civilisation. Le danger viendrait-il de crocodiles dormant dans le rio Puyo, d’un essaim de termites, de fourmis affamées, d’une araignée veuve-noire, d’un serpent venimeux, ou une de ses immenses bêtes habitants encore la jungle, même si elles seraient disparues depuis des centaines d’années? Non c’est un tout petit chien, en promenade avec une dame qui décide sournoisement d’attaquer Françoise par derrière et de mettre ses dents dans son mollet. Nous avons pris l’habitude d’enquêter sur le système médical des pays visités, alors on ira voir un médecin Équatorien au cas ou.
Il prend
le temps de bien examiner la petite morsure donne un prescription d’antibiotiques
et nous parle de ses rêves de Grand Nord, Groenland et Terra Nova, çà nous
prend un certain temps pour réaliser que c’est la patrie des Newfies.
En après-midi on visite un parc «pedagogico, etno-botanico»
des histoires de tribus et de plantes médicinales pour guérir tous les bobos de
ceux qui y croient.
Parlons un
peu des Waronis, ils vivaient (et certains vivent encore) dans des maisons
recouvertes de grandes feuilles, un feu permanent protège des moustiques et
permet à leur habitat de durer environ deux ans, c’est la seule source de
lumière à l’intérieur, après ils la détruisent et recommencent à deux jours de
marche; d’ailleurs ils ont déjà commencé des plantations en prévision de leur
déménagement à venir. Dans une pièce unique l’homme vit avec sa ou ses femmes,
pour éviter les chicanes, les autres femmes sont généralement les sœurs de la
première, tout reste donc en famille. Pour
le reste c’est une société assez égalitaire, pas de chefs formels, les hommes
se réservant la chasse et la guerre.
Ils chassent avec de grandes lances en bois
très dur et avec de très longues sarbacanes, le dard qui peut être projeté à 40
mètres est enduit de curare. Ils pêchent en recouvrant l’eau d’une plante qui
enlève l’oxygène de l’eau et n’ont plus qu’à cueillir les poissons avec une
grande puise faite avec des herbages; nos pêcheurs à la dynamite n’ont rien
inventés. Dans cette forêt humide et avec des pluies régulières, les vêtements
sont un embarras, alors ils vivent nus,
avec seulement un fil autour de la taille.
Les Shuars de leur côté vivent dans des
maisons de deux pièces, le coté des hommes et celui des femmes et enfants. Dès
l’âge de 6 ans une petite fille est couplée avec un jeune homme d’une quinzaine
d’années, ils vivent en frère et sœur et ont le temps de se connaitre avant une
cérémonie faite après la puberté de la fille. Ici aussi les autres femmes sont
souvent les sœurs et si l’homme est un vaillant guerrier et chasseur il ajoute
quelques femmes volées dans les tribus voisines. Chaque femme cultive un petit
potager et c’est là que se produit la fécondation et les naissances, la femme
accouche seule en une trentaine de minutes grâce à des herbes spéciales. Encore
là les bébés qui viennent dans les choux
ne sont pas une invention récente.
La maison
Shuar est plus moderne, les murs sont en bois et laissent pénétrer la lumière,
on voit de l’intérieur vers l’extérieur mais non vice-versa. Les Shuars sont
accueillants, quand un visiteur se présente, même un ennemi potentiel, il est
accueilli par une petite danse avec la lance puis on lui offre à boire; la
première femme de la maison boit en premier, ensuite c’est l’hôte puis le
visiteur et enfin de nouveau la femme. Difficile d’empoissonner un visiteur de
cette façon, il faudra donc se prendre autrement si on veut lui couper la tête
et la réduire dans le but d’accaparer son esprit. En passant ces gentils
réducteurs de têtes sont monothéistes, ont dit même que toutes les têtes
vendues sur le marché ne sont pas très
anciennes.
Toutes ses
histoires on les apprend en visitant le Parque pedagogico etno-botanico. Ouvert
en nonante-trois, par une femme Shuar et deux Français dans une clairière ou
broutaient les vaches, sa mission est : Conservar, Educar, Reforestar.
Aujourd’hui c’est un américain biologiste et sa femme Shuar, spécialisé dans la
médecine traditionnelle à base d’herbes qui s’en occupent. Si vous voulez venir
y faire du bénévolat, c’est possible.
Tout en
circulant dans le parc avec une guide belge, on observe entre autres: une
orchidée qui s’appelle, Enfant qui dort, un oignon bon contre les piqures de
couleuvre, des araignées sociables qui se mettent en gang pour tisser leur toile,
des plants de curcuma, de gingembre, de cannelle et d’ail.
Assez
spécial le palmier qui marche, oui il se déplace vraiment un peu en lançant de
nouvelles racines vers le sol à partir du tronc.
On voit un arbre mort où s’est installé un nid de termites, une plante aux vertus contraceptives et une autre pour le soin des cheveux, sans compter la plante pour l’asthme, l’autre vomitive, etc. Un vrai Jean Coutu et même un ami se trouve ici.
2 commentaires:
Un palmier qui marche, Richard ? Vraiment ? Moi je trouve qu'il pousse et ressemble à une fougère typique......
Avec quelques miettes d'humour à la Richard...Intéressantes et atypiques, ces informations sur la vie familiale de ces peuples amazoniens. Merci !
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